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2014-06-05
INFORMATION ET ENGAGEMENT SOCIAL

Positionnement rédactionnel - Journal EPIK

Terminal maritime, Terminal de réservoirs et Oléoduc TransCanada / Cacouna
PROJET INDUSTRIEL LOURD À HAUTS RISQUES :
INFORMATION vs ENGAGEMENT SOCIAL

Pour le bien-être de la communauté et la préservation du territoire qu’ils desservent, un média communautaire et un gouvernement municipal ne peuvent se soustraire à leur devoir d’engagement social et à la prise en compte du caractère «durable» des développements qu’ils priorisent.

À sa session du 5 mai 2014, le conseil municipal de Cacouna, par résolution, demandait au rédacteur du Journal Epik de publier les avantages et inconvénients du projet d’Énergie Est afin d’en conserver la neutralité et d’informer la population de toutes les facettes du projet.

Avant de publier les avantages et les inconvénients d’un projet dans le but de bien éclairer la population, il importe d’en connaître plus qu’une présentation préliminaire faite par la compagnie promotrice. La description du projet, déposée le 4 mars 2014 devant l’Office National de l’Énergie (O.N.E.) a aussitôt été mis en lien sur le site de l’EPIK. Le premier bulletin d’information du promoteur Énergie Est, du 7 décembre 2013, avait rapidement été mis en ligne tout comme les informations ultérieures. Les diverses réactions publiques et médiatiques au projet, tant des groupes de citoyens, militants, écologistes, municipalités, MRC et experts que de simples citoyens des milieux touchés, font aussi l’objet de suivis réguliers sur notre site et sur notre page Facebook.

À ce stade-ci, ne serait-ce pas la responsabilité de la Municipalité de trouver les personnes-ressources capables de fournir une expertise indépendante sur les diverses facettes de ce projet majeur dont elle doit évaluer la pertinence et les risques, pour aussi mieux éclairer la population ? Plusieurs experts scientifiques indépendants sont venus chez nous et près de chez nous au cours du Mois de la Terre (mai), sans qu’il en coûte un sous aux participants, pour partager leur expertise scientifique quant aux enjeux et impacts prévisibles des projets de développement pétroliers sur les écosystèmes de l’Estuaire : élus, intervenants, avez-vous su profiter de leur présence ? Le premier intérêt de ces chefs de file de la recherche étant de développer une connaissance précise de nos écosystèmes fluviaux et de prévenir les impacts négatifs que l’activité humaine peut entraîner sur leur équilibre, ne sont-ils pas plus, sinon aussi crédibles que les porte-paroles et les consultants d’une multinationale dont l’intérêt premier est le profit et la rentabilité ?

La municipalité dit faire confiance aux processus d’audiences et au BAPE pour les questions d’impacts sur l’environnement. L’organisme responsable du processus d’audiences est l’O.N.E. Dans le cadre du projet Énergie Est, pour la section qui traverse le Québec, l’Office aura un pouvoir de recommandation, et non de décision. C’est le gouvernement Harper qui, en bout de ligne, aura le dernier mot. Quand on voit comment il a réussi, en quelques années,  à affaiblir les lois qui protègent notre environnement (et nous-mêmes), entre autres par des dispositions cachées du projet de loi mammouth de 2012, comment il banalise les recherches scientifiques à travers le pays et comment il contrôle les scientifiques de ses ministères en les rendant plus inaccessibles que le Pape, il y a de quoi avoir des doutes.

Le BAPE, en novembre 2006 dans le cadre du projet de terminal méthanier (Rapport d’enquête et d’audience publique #230, Avis #9) avait ainsi avisé les élus :

« La commission est d’avis que la municipalité de Cacouna et la MRC de Rivière-du-Loup auront un défi de taille à relever dans les années à venir, soit celui de concilier le développement industriel de Cacouna et la conservation des sites naturels voisins voués aux activités récréatives.» (P. 65).

Peu après l’acceptation conditionnelle du projet (le projet complémentaire de gazoduc n’ayant pas été déposé), le promoteur avait fait volte-face lorsque l’intérêt financier du projet avait chuté. Et, huit ans après le constat du BAPE, le «débat sur notre avenir», avec le défi de conciliation des types de développement qu’il annonçait, n’a toujours pas eu lieu.

Avec l’annonce, le 12 novembre 2013, de son intention d’installer un terminal maritime à Cacouna, TransCanada revient chez nous pour une 3e tentative, avec un projet à plus hauts risques sans, cette fois, l’argument de produit «propre» que représentait le gaz naturel. N’est-il pas légitime que cette nouvelle annonce suscite encore plus de questionnements et d’inquiétudes ?

L’EPIK n’attendait pas un mandat ou une résolution municipale pour réaliser cette «publication» sur les avantages et les inconvénients du projet, telle que demandée. Le temps venu, lorsque le projet sera officiellement déposé, que les données auront été clairement présentées et comparées, que les retombées locales auront été précisées, que l’on aura pu établir les impacts prévisibles et obtenir des expertises indépendantes, alors seulement, un portrait des avantages et des inconvénients pourra être présenté en tenant compte des principaux aspects du projet : répercussions sur le milieu humain, répercussions économiques, répercussions sur le milieu biophysique, évaluation des risques… Ce portrait permettra alors à chaque citoyen de se prononcer de façon plus éclairée lors d’un éventuel référendum.

Quant au type d’information qui circulera d’ici là dans l’EPIK, édition papier, site Web ou page Facebook, tout événement, opinion ou activité portant sur les enjeux de ce projet, enjeux qui débordent largement les limites de notre localité, pourront y circuler, dans la mesure où elles apporteront un éclairage particulier et qu’elles respecteront notre politique d’information basée sur le respect des personnes. Tout élément nouveau fourni par le promoteur, par l’O.N.E., par les divers niveaux des gouvernements impliqués ou par des experts reconnus sera aussi diffusé.

Pour ce qui est de l’appel à la neutralité «rédactionnelle», je crois sincèrement qu’une prise de position par un média «communautaire» doit avoir le même fondement qu’une prise de position «municipale», soit : le bien-être de la communauté desservie et le développement harmonieux (durable) du territoire. Comme responsable du journal communautaire depuis bientôt 40 ans, c’est ce que je me suis toujours efforcé de respecter et j’entends bien poursuivre dans le même sens.

Aux responsables du projet Énergie Est – Projets de terminal maritime et de terminal de réservoirs, et projet d’oléoduc :

- En tant que coresponsable de la Campagne 1989-1993 pour l’adoption d’un béluga par la Région de Rivière-du-Loup, baptisée Ondine en 1994 et qui avait mobilisé plus de 2000 personnes ;

- en tant que membre fondateur (1974) du journal EPIK de Cacouna et rédacteur-coordonnateur actuel de ce journal communautaire, je réaffirme ce qui suit :

« Dans un milieu sensible comme le nôtre (Cacouna et toutes les municipalités riveraines de l’Estuaire et du Golfe) supportant une extraordinaire biodiversité, si on veut assurer le bien-être des communautés que nous desservons, comme gouvernements municipaux ou comme médias communautaires responsables, nous devons prioriser les développements qui ne présentent pas de risques importants pour le maintien de cette biodiversité, garante de la vie de ses habitants actuels et futurs. »

Le promoteur, TransCanada, devra par conséquent démontrer à nos populations qu’il est en mesure de préserver la biodiversité de l’Estuaire et du Golfe.

Mais si «respecter et préserver la vie» signifie «suivre les normes en cours», comme le laisse entendre le porte-parole actuel de TransCanada, c’est bien mal parti. Cette «attitude minimisante» est peut-être chère aux multinationales pour qui les milieux de vie sont perçus sous l’angle de l’acceptabilité sociale, et les écosystèmes sous l’angle des mesures d’atténuation, de mitigation ou de compensations à prévoir ; elle apparaît même normale pour une entreprise dont l’objectif premier est la rentabilité et le profit, mais elle est inacceptable pour une communauté qui aura à vivre, et à faire vivre aux générations qui suivront, les conséquences de ce type de développement. Elle n’est d’ailleurs pas plus acceptable pour les organismes, entreprises et acteurs de développement, locaux et régionaux, dont la mission, les activités ou les perspectives de développement sont basées sur la présence et la richesse de ces écosystèmes côtiers dont nous avons le privilège de faire partie. Cette attitude (qui ne s’en tient qu’aux normes) est d’ailleurs présentement dénoncée devant les tribunaux avec un fort appui de la communauté scientifique.

Curieusement, si le promoteur utilisait ce même calcul «minimisant» à l’égard des emplois permanents qu’il prévoit créer dans notre secteur, il considérerait sans hésiter le nombre de 25 à 40 emplois comme non significatif ou négligeable, compte tenu de la spécialité de ces emplois et du nombre sans doute plus élevé d’emplois perdus ou qui ne verront jamais le jour parce qu’incompatibles avec la présence de cette industrie lourde.

Quand c’est «UNE QUESTION DE VIE», la neutralité de surface ou la passivité ne peuvent remplacer la responsabilité.

 

Yvan Roy, Citoyen de Cacouna et rédacteur du Journal communautaire EPIK, 29 mai 2014.

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